Mes vacances : un projet Agile ?

Invité à participer à une table ronde sur l’agilité lors de la réunion du Club des Utilisateurs Francophones de Sciforma en septembre 2012, Simon-Pierre Jooris a choisi de présenter à un auditoire pas forcément très au fait de la terminologie Agile les principales notions d’Agile sous la forme d’un parallèle entre ses vacances et l’agilité. Témoignage et retour d’expérience.

« J’ai commencé par attirer l’attention du public en racontant, photos à l’appui, que j’étais allé en Bretagne, faire de la voile, visiter des musées et manger des crêpes.

 

Puis, en m’appuyant sur un schéma traditionnel Scrum, j’ai développé les idées suivantes:

 

  • Au démarrage de chaque sprint, l’équipe choisit d’inclure les histoires du backlog qui ont la plus grand valeur ajoutée pour le business (ce que nous avons le plus envie de faire lors de notre prochaine journée de vacances) et les histoires qui dépendent de points clefs techniques à valider (les activités qui nécessitent une météo clémente, ou des horaires de marée adaptés).

 

  • En cours de projet, il est possible et logique d’introduire dans le backlog de nouvelles histoires qui n’étaient pas prévues au début, et qui seront peut-être plus importantes que d’autres auxquelles on pourra renoncer (par exemple, nous avons décidé tardivement d’aller voir le feu d’artifice le 31 juillet à Vannes).

 

  • Un projet Agile a une date de fin fixée et connue de tous, à l’issue d’un certain nombre de sprints (et oui il fallait que je rentre au travail le lundi matin, et pourtant je serais bien resté une semaine de plus…)Le backlog est décrit avec des histoires. Ce principe garantit implicitement que chaque histoire est bien orientée client (Ex. : En tant que mère de famille, je veux faire une séance de Thalasso, afin de revenir en forme à la fin de l’été).

 

  • Le produit est prioritaire par rapport à la documentation (mais je n’ai pas oublié de prendre des photos au fur et à mesure, ce qui m’a permis de communiquer sur la réussite du projet).

 

  • Autour de la méthode Scrum, nous avons tendance à utiliser un certain nombre de mots anglais – leur traduction en français est parfois un peu bizarre (en breton aussi : kenavo, kouign-amann, Mor-Bihan…).

 

  • Mes enfants ont grandi et sont devenus des adolescents : il est donc indispensable que je les associe au choix des activités, et à l’évaluation des histoires : 1H ou 5H de randonnées ? (avec des équipiers dans un projet Agile, c’est la même chose).

 

 J’ai cherché mais je n’ai pas trouvé d’analogie avec mes vacances sur les sujets suivants, qui sont pourtant indissociables :

 

  • Le « daily scrum meeting » est une réunion courte mais importante, qui permet d’identifier au plus tôt les éventuels problèmes, et de favoriser l’entraide au sein de l’équipe.

 

  • Pas non plus de « burndown chart » dans mes vacances, alors que c’est un indicateur important pour mesurer la progression de chaque sprint.

 

  • Nous n’avons utilisé ni post-it, ni outil dédié comme IceScrum ou Sciforma. Alors que c’est aussi un indicateur très visuel de l’activité en cours

 

  • Nous étions un peu tous « product owner » de nos vacances : dans un projet, ce rôle doit évidemment être unique ; s’il n’est pas assez disponible, un « proxy-product owner » peut être le bienvenu.

 

En conclusion cet exercice de vulgarisation a été apprécié par le public puisqu’il permet d’illustrer simplement quelques principes de l’agilité, ce qui était bien mon objectif. »

 

Un article de Simon-Pierre Jooris, Consultant Senior chez PCO Innovation

 

Retrouvez l’interview de Simon-Pierre par MyProjectCafe

A lire sur MyProjectCafé : « Les vacances : un élément caché de la gestion de projets » et « Une lettre Agile au Père Noël »

 

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