La Tour Eiffel : un projet riche d’enseignements

Pour l’Exposition Universelle de 1889, Gustave Eiffel a relevé le défi de bâtir sa gigantesque tour de fer, devenue depuis un emblème parisien et même hexagonal. Ce projet d’ampleur a demandé plus de deux années de travaux et la bagatelle de 36 000 dessins pour assembler les 12 000 pièces composant les 300 mètres de hauteur de la géante. Et la manière dont l’homme a su le piloter force l’admiration. De ce cas d’école exemplaire pour tout chef de projet, Anne Vermès, auteure de "Piloter un projet comme Gustave Eiffel"(éditions Eyrolles), tire quatre leçons à retenir.

 

1. Eiffel a clarifié la commande

Comprenant de lui-même, au-delà de la demande officielle, que la France avait besoin de booster son économie et de se démarquer par son innovation, Gustave Eiffel est parvenu à associer trois caractères primordiaux en sa seule construction : la prouesse technique, l’aide à l’expérimentation scientifique grâce à la coupole aérienne, et la popularité. En excellent chef de projet, il a analysé les besoins non exprimés sans se limiter à l’objectif affiché, et considéré tous les aspects du projet (technique, humain, stratégique).

 

2. Eiffel a délégué

Gustave Eiffel a su faire confiance à ses deux ingénieurs d’études en chef et les encourager à améliorer les points faibles de leur réflexion, pour aboutir à l’idée d’une tour de fer viable. Il les a stimulés afin qu’ils trouvent les solutions aux problèmes suscités par le projet. Là encore, la règle d’or qui dit de privilégier l’intelligence collective et de faire confiance à ses collaborateurs a été parfaitement respectée.

 

3. Eiffel a communiqué régulièrement

Au fur et à mesure de l’avancée du projet, Gustave Eiffel n’a jamais oublié de communiquer de façon stratégique, allant à la rencontre des parties prenantes pour susciter leur adhésion, adaptant son discours selon ses interlocuteurs. Il n’a pas hésité à identifier les réserves afin de pouvoir rassurer, ni à faire de ses collaborateurs des ambassadeurs du projet.

 

4. Eiffel a renforcé la cohésion de ses équipes

Misant sur l’agilité managériale de chefs aptes à travailler de façon transversale auprès d’équipes hyperspécialisées, Eiffel a favorisé les échanges entre les intervenants du chantier. Il a su valoriser ses collaborateurs en reconnaissant publiquement leurs mérites, et spécialiser les rôles tout en facilitant la coordination en cas de besoin.

 

 

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En complément

La page du livre « Piloter un projet comme Gustave Eiffel » sur le site de l’éditeur Eyrolles

Un entretien avec Anne Vermès

 

 

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