Sommes-nous tous des chefs de projet ?

Beaucoup d’entreprises travaillent aujourd’hui en « mode projet ». Jusque dans notre vie privée, la logique de projet rythme notre quotidien (maison, enfant…) et parfois même notre « projet de vie ». Ce trait inédit, caractéristique de l’époque actuelle, symboliserait-il l’hégémonie du « tout-projet » ? Ou les limites de la démarche seraient-elles déjà atteintes ?  Regard d’un philosophe sur nos organisations contemporaines.

Le management en mode projet, qui s’est généralisé dans les entreprises depuis une trentaine d’années, consiste à dépasser les modes organisationnels hiérarchiques traditionnels pour introduire une notion de transversalité. C’est le règne de  la collaboration interfonctionnelle  dans des domaines aussi divers que la recherche & développement, le développement de nouveaux systèmes informatiques, la création de nouveaux produits, l’ouverture de nouvelles implantations, etc. L’objectif principal étant de s’affranchir de la lourdeur de l’organisation traditionnelle pour favoriser l’innovation.

Mais le management en mode projet répond à d’autres objectifs, notamment le contrôle des coûts et des objectifs, facilité par une structuration plus précise de chaque activité – ou processus – composant le projet. Parallèlement, le « mode projet » signifie également plus de liberté créative, mais seulement dans la limite inhérente à sa durée dans le temps : un projet par définition a bien sûr un début, mais surtout une fin, ce qui ne doit pas être le cas d’une entreprise.

Cette montée en puissance du « mode projet » est telle qu’il a envahi désormais la vie quotidienne des individus (ex. : un projet immobilier ou un projet de mariage). Signe des temps diront certains. Cet article du philosophe Christian Fauré, ancien informaticien devenu enseignant à l’Université Technologique de Compiègne et participant aux travaux d’Ars Industrialis avec Bernard Stiegler, remonte aux origines de l’histoire du « mode projet » (le fameux projet Manhattan) pour mettre en relief le caractère hégémonique des logiques d’innovation dans les entreprises modernes et l’inévitable verticalisation des organisations horizontales issues du « mode projet », avec en corollaire bureaucratie et contrôle accru.

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En complément : une définition du « mode projet » et une application de ce concept dans le secteur public canadien.

A lire sur MyProjectCafe : « Polyvalence et autonomie : le management selon FAVI » et « Les experts en gestion de projets ».

 

Crédit photo : © Kitty - Fotolia.com

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