Shu-Ha-Ri : les 3 étapes de la maturité Agile et Scrum

Dans les arts martiaux, atteindre la sagesse et la maîtrise de son art est le résultat d’une progression, qui démarre par l’apprentissage des fondamentaux, se poursuit par la remise en cause et s’achève sur la transcendance. Le concept a été repris par Toyota dans le cadre de sa stratégie Lean, puis par des spécialistes d’Agile. Imiter, comprendre puis créer, telles sont les trois étapes pour atteindre le nirvana Agile. Décryptage en forme de petit scarabée.

Shuhari est un terme japonais, dérivé des arts martiaux. A l’origine il décrit les 3 étapes de l’apprentissage : apprentissage des fondamentaux, prise de distance avec la tradition et transcendance (invention de sa propre méthode). Ces trois étapes sont souvent décrites sous la forme de cercles concentriques, le Ri contenant le Ha qui lui-même contient le Shu. Une méthode dérivée de ce principe a été appliquée chez Toyota, dans le cadre de son approche de Lean Developmement. Puis, Alistair Cockburn, l’un des « Papes » vivants d’Agile a repris ce concept dans un ouvrage dédié aux ‘cas d’usage’ et à ‘l’ingénierie des exigences’, intitulé « Rédiger des cas d'utilisation efficaces » (Eyrolles, 1999).

 

Shu-Ha-Ri : cover

Dans le contexte de la création d’un produit ou d’un service, le Shu désigne la première étape où l’élève doit suivre les préceptes du maître sans y déroger. C’est une étape d’apprentissage brut, où l’on se concentre sur la tâche et l’objectif à atteindre. Puis, le Ha est l’étape suivante, permettant de comprendre les règles et d’en relier certaines entre elles. L’élève commence à atteindre une certaine autonomie pour ébaucher ses propres recettes. Enfin, le Ri est l’étape ultime, où l’élève devient un maître, capable de remettre en cause certaines méthodes pour les adapter au contexte propre à l’entreprise.

 

Malheureusement aujourd’hui, la plupart du temps, les équipes Agile se cantonnent au Shu : l’appropriation des fondamentaux. C’est pourquoi certains spécialistes d’Agile remettent en cause aujourd’hui le Manifeste Agile, devenu une bible ou un dogme freinant la créativité des équipes, alors qu’au contraire il devrait les aider à s’en affranchir pour se concentrer sur les besoins du client. C’est tout l’objet du Ri.

 

Lire l’article

 

En complément :

l’approche développée par Alistair Cockburn (en anglais)
et une critique du Manifesto

 

A lire sur MyProjectCafe :

« Projets de recherche : le pari d’Agile »
et « Agile, mais pas toujours » 

Votre notation : Aucun Moyenne : 4.5 (4 votes)