Rover Curiosity : à la découverte de Mars

Depuis que l’homme a marché sur la lune, il rêve d’une nouvelle conquête spatiale et extraterrestre : la planète Mars. S’il s’avère encore trop cher d’imaginer d’y envoyer des astronautes, la sonde Rover Curiosity a été lancée en novembre 2011. Elle y a atterri le 6 août dernier, avec pour mission d’explorer la planète rouge, à l'aide de technologies françaises. Retour sur un projet inédit.

Un voyage de près de 9 mois pour parcourir les 570 millions de km séparant la terre de Mars. Une dernière étape de tous les dangers : l’atterrissage, avec une décélération impressionnante à travers l’atmosphère de la planète rouge (de 21 000 km/h de vitesse de croisière à 3 km/h lors de l’atterrissage). Un séjour de 687 jours qui ne ressemble pas à des vacances : la mission MSL (Mars Science Laboratory), dont le budget atteint les 2,5 milliards de dollars, a pour objectif d’explorer Mars, à l’aide de deux mini-laboratoires embarqués (CheMin et SAM) et d’analyser des échantillons de roches prélevés sur place. Un but ultime, répondre à la question qui taraude l’être humain depuis des siècles : la vie a-t-elle existé ou peut-elle exister hors de la terre?

Le robot Rover Curiosity va parcourir une vingtaine de km en 22 mois pour réaliser des prélèvements organiques et minéraux. 5 fois plus lourd que ses prédécesseurs (Mars Exploration Rovers) et capable de gravir des pentes à 45°, il embarque 75 Kg de matériels, dont les mini-laboratoires permettant d’analyser les composants et d’identifier à distance la composition des roches (avec Laser, foreuses, générateur thermoélectrique, etc.). Il embarque également d’autres instruments (détection de traces d’eau, appareils photo haute résolution, station météo et détection  de radiation).

La France est partie prenante de cette aventure spatiale, à travers l’intervention du CEA qui a mis au point la ChemCam (caméra chimique), instrument d’analyse élémentaire des roches et des sols dans un rayon de 9 mètres utilisant la technologie LIBS (Laser Induced Breakdown Spectroscopy), ainsi que des spectromètres permettant d’analyser la lumière. Les ingénieurs du CEA ont adapté ces techniques, originellement développées pour le domaine nucléaire, afin qu’elles résistent aux conditions extrêmes de mars. Le principe de l’analyse des roches consiste à tirer sur une cible avec un laser, provoquant ainsi la fusion (ou vaporisation) du matériau, puis à analyser le gaz ionisé ainsi produit à l’aide des spectromètres. La technique est également aujourd’hui utilisée dans l’industrie pétrolière et la métallurgie.

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En complément : la vidéo de l’atterrissage sur le site du CNES ; quelques éléments de gestion de projet (informatique) ; le détail des interventions françaises et une interview (en anglais) du chef de projet.

A lire sur MyProjectCafé : « Solar Impulse : genèse d’un projet un peu fou ».

 

Crédit Photo :© Wildangle Studio - Fotolia.com

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