Les risques de dérive augmentent proportionnellement à la taille du projet

Selon une enquête de McKinsey, plus un projet informatique est gros, moins il a de chances d’atteindre ses objectifs et de délivrer l’ensemble des résultats pour lesquels il a été initié. Pire encore, plus le budget est important, moins il sera respecté. Et parfois même, la survie de l’entreprise est en jeu. Analyse des résultats et conseils avisés d’un expert.

Si le rôle des technologies de l’information dans le développement et la différentiation des entreprises ne fait plus de doute aujourd’hui, la manière de gérer les projets informatiques est déterminante pour leur succès. Les résultats d’une enquête de McKinsey et BT Centre for Major Programme Management de l’Université d’Oxford dressent une image surprenante des projets informatiques des entreprises. Réalisée en 2012 sur la base de l’analyse de 5400 projets informatiques, cette enquête met en relief une corrélation entre la taille du projet et ses chances de réussite.

En résumé, les gros projets informatiques (c’est-à-dire ceux dont le budget sont supérieurs à 15 M$) dépassent en moyenne de 45% le budget initial et de 7% les délais fixés lors de son initiation. De plus, la valeur moyenne délivrée par chaque projet est en moyenne 56% inférieure aux objectifs de départ. Dans tous les projets informatiques, ce sont les projets logiciels qui risquent le plus le dérapage en termes de coûts (66% contre 43% pour les autres projets) et de délais (33% contre 3,6%).

En outre, l’enquête révèle que dans 17% des cas, l’échec de ce type de projets met en danger l’existence même de l’entreprise qui l’a initié. McKinsey cite par exemple le cas d’un distributeur ayant stoppé un projet de modernisation de ses systèmes informatiques d’un montant de 1,4 milliard de dollars, pour le remplacer par un autre projet dont le budget a été amputé de moitié et dont le périmètre a été restreint à la réforme du seul système de supply chain. Ce deuxième ayant également échoué, la société a dû déposer le bilan.

McKinsey met en relief dans son analyse les moyens employés par les entreprises dont les projets atteignent leurs objectifs. Ils sont au nombre de 4 : se concentrer sur les parties prenantes du projet plutôt que sur le budget et le planning ; soigner le recrutement des ressources internes et externes ; construire des équipes tout en corrélant les gratifications à l’atteinte de l’objectif et gérer ces équipes sur la base des bonnes pratiques  de gestion de projets privilégiant les cycles courts.

Lire l’article (en anglais et sur inscription)

En complément : une analyse (en anglais) de ces résultats sur le blog de Gartner avec un focus sur le rôle des Directeurs informatiques et le point de vue d’un expert de ce type de projets sur le Cercle Les Echos.

A lire sur MyProjectCafe : « Les éléments structurels qui font dérailler un projet » et « Perdus d’avance ? ».

 

Crédit photo : © cvmcgarry - Fotolia.com

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