Les prolongements d’un grand projet

La vie d’un grand projet d’infrastructure ne s’arrête pas après son inauguration. Si la phase de construction est achevée, l’entretien doit être planifié et tout risque doit être analysé non seulement pour garantir la sécurité des usagers, mais aussi pour éviter des opérations de maintenance tardives très coûteuses. Illustration avec les grands ponts routiers.

3,911 km de long (avec une portée centrale de 1,991 km, soit le record mondial) ; six voies de circulation ; deux pylônes d’une hauteur de 280 mètres (soit 56 m de plus que le Golden Gate de San Francisco) soutenant des câbles composés de 290 torons, eux-mêmes fabriqués à l’aide de 127 brins d’aciers ultrarésistant d’une section de 5,23 mm (soit en tout près de 37 000 brins dont la longueur totale mis bout à bout correspond à 7,5 tours de terre !) ; un ascenseur dans chaque pylône… le pont du Détroit d’Akashi reliant Kobe à l’Ile d’Awaji (Japon) et construit intégralement en acier est l’un des ponts routiers les plus longs et le plus long pont suspendu du monde. Il domine le détroit d'Akashi, une voie maritime internationale empruntée par plus de 1400 navires chaque jour. Imaginé dès les années 30 mais non abouti pour des causes budgétaires, le projet renaît de ses cendres dans les années 70 et la construction est initiée en 1988, pour une mise en circulation en avril 1998. Son inauguration correspond à la phase finale d’un projet d’infrastructure encore plus vaste qui visait à relier l’ensemble des îles principales du Japon.

Si l’épicentre du terrible tremblement de terre de Kobe en janvier 1995 (en pleine phase de construction) se situait exactement entre les deux piliers du pont et a provoqué le déplacement des fondations, la structure même du pont n’a pas été abimée. Les travées ont été redessinées et le pont allongé de 1,1 m. Car il a été conçu pour résister à des ventes de 80 m/s, à des courants marins de 4,5 m/s et des séismes d’une amplitude de 8,5 sur l’échelle de Richter. Des études très poussées ont été réalisées dans une soufflerie pour analyser sa résistance à des vents de plus 290 km/h.

Mais une fois ce type de grands projets d’infrastructure construit, le travail n’est pas terminé. Des opérations de maintenance régulière sont menées et une surveillance quasi quotidienne est mise en place (dont le coût correspond à 0,3% du budget total du projet). En effet, pour garantir la sécurité des usagers et prolonger le plus possible la durée de l’ouvrage, une analyse des risques est menée parallèlement à la maintenance courante. Ces risques couvrent notamment le vieillissement des composants, les éventuels défauts d’exécution, et les accidents qu’ils soient naturels (tempête, séisme…) ou provoqués (incendie, vandalisme, surcharge…). La gestion de ces risques doit désormais être prise en compte dès le démarrage du projet (études), ce qui permet d’anticiper certaines situations.

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En complément : Voir la vidéo retraçant la construction du Pont du Détroit d’Akashi et détaillant les 7 inventions clefs qui ont permis sa construction, et découvrir la liste des grands ponts routiers sur Wikipedia.

A lire sur MyProjectCafe : « Améliorer la gestion de gros projets en gérant les risques » et « Prise de décisions : le cas du Pont de Normandie ».

Eléments d’information utilisés pour cet article : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pont_du_d%C3%A9troit_d%27Akashi.

 

Crédit photo : © SeanPavonePhoto - Fotolia.com

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