Projets de recherche : le pari d’Agile

Les projets de recherche scientifique répondent à des spécificités – comme par exemple l’absence de commanditaire – qui compliquent le recours aux méthodes de gestion de projet traditionnelles. Mais plutôt que de réinventer la roue, ne serait-il pas plus efficace d’adapter les méthodes existantes ? C’est le pari que se sont lancés deux chercheurs, qui nous livrent le détail de leur démarche.

Selon la définition du site Lesdéfinitions.fr, « un projet de recherche est un procédé scientifique visant à obtenir des informations et à formuler des hypothèses sur un phénomène social ou scientifique donné. La première démarche consiste à exposer le problème tout en formulant le phénomène à rechercher » ; les deux étapes suivantes consistant à définir des objectifs (quel est l’objet de la recherche ?), puis à élaborer des hypothèses qui seront vérifiées au cours du projet, notamment via la collecte de données quantitatives et qualitatives sur le terrain.

 

Agile particulièrement adaptée aux travaux de recherche

Selon un spécialiste américain, les projets de recherche sont caractérisés par les éléments suivants : une équipe très réduite (le plus souvent 1 à 2 personnes, pas plus) ; des exigences relativement floues (surtout en début de projet, l’hypothèse à valider est généralement imprécise) ; d’importants risques (par définition les projets d’innovation sont risqués puisque leurs chances d’aboutir sont minces) et des ressources également floues (du fait de l’incertitude liée aux éléments précédents).

 

Ainsi, au vu de ces caractéristiques, les méthodes traditionnelles de gestion de projet - comme le modèle de développement en cascade - sont peu adaptées au monde de la recherche scientifique. Si un travail de formalisation d’une méthode spécifiquement dédiée à ce type de projets est en cours de validation à l’AFNOR (« AFNOR/X580 ») et devrait être publié en juin 2014, la participation au travail de spécification est payante. Il faudra donc patienter un peu avant de tester la méthode.

 

En attendant, les auteurs de cet article considèrent Agile comme la méthode la moins éloignée des préoccupations des chercheurs : exigences floues, prototypage, tests par itération. Les cycles courts et la réévaluation régulière des objectifs se mariant bien avec la démarche scientifique. Mais il existe une barrière importante : les projets de recherche ont rarement un commanditaire. Selon les auteurs de l’article, l’idée serait de le « remplacer » par un groupe d’évaluation qui prendrait en charge l’analyse de l’existant et les évolutions.

 

Lire l’article

En complément : un article sur l’évolution des méthodes de gestion de projets à l’ère numérique et le guide de la gestion de projets innovants d’Oseo.

A lire sur MyProjectCafe : « Management des projets d’innovation » et « La gestion de projets en mode start-up »

 

 

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