Orbit Tower de Londres : symbole du renouveau urbain ou éléphant blanc ?

Aussi décriée que la Tour Eiffel lors de son inauguration pour son look mi-organique mi-dégingandé, la Tour Orbit a été bâtie en plein cœur du village olympique de Londres pour offrir un point de vue inédit sur le quartier de Stratford. Vouée à symboliser le renouveau urbain de Londres, la Tour imaginée par l’artiste Anish Kapoor (prix Turner 1991), est surtout devenue l’emblème de la communication politique et de la starification des architectes. Tour d’horizon à 115 mètres d’altitude.
La Tour Orbit a été conçue par Anish Kapoor, sculpteur britannique d’origine indienne, qui a reçu le célèbre « Turner Prize » en 1991, et Cecil Balmond, ingénieur Sri-Lankais spécialiste de l’entrelacement. Leur objectif était de mêler architecture, sculpture et génie des structures pour jouer sur une alternance zones stables zones instables. La Tour s’élève à 114,5 mètres d’altitude. 2000 tonnes d’acier ont été utilisées pour sa construction (dont 63% provenaient d’acier recyclé). Des tubes d’acier peints en rouge (19 000 litres de peinture en tout !) se contorsionnent autour d’une structure centrale en colimaçon (mesurant au total 350 mètres et composée de 450 marches), surmontée par deux plates-formes d’observation (respectivement à 76 et 80 mètres d’altitude). La longueur totale de la structure tubulaire est de 560 mètres, soit le diamètre de l’astéroïde « 1999 RQ36 » qui pourrait frapper la terre en 2182…

Construite sans recourir au moindre échafaudage, la Tour Orbit – parfois baptisée  « Eyeful Tower » (jeu de mot sur Eyeful : "se rincer l’œil" et allusions à Eiffel Tower et London Eye) – a été assemblée par seulement 4 à 6 ouvriers, aidés simplement par deux nacelles élévatrices et une grue. Elle est composée de 366 tubes en étoile de 4 mètres de long, assemblés grâce à 35 000 boulons. Pour assurer la stabilité de la Tour, les architectes ont imaginé d’utiliser une boule d’amortissement (une sorte de pendule) composée de deux blocs d’acier pesant au total environ 40 tonnes.



Partenariat public-privé et grand projet de rénovation urbaine


Erigée entre 2010 et 2011, dans le quartier en cours de rénovation de Stratford (à l’est de Londres) qui a hébergé le village olympique lors de JO 2012, la Tour Orbit offre avant tout un point de vue imprenable sur… Stratford ; les monuments traditionnels de Londres – Parlement, Tower Bridge etc. – étant trop éloignés (6km) et de toute façon masqués par d’autres tours… Pour atteindre les plates-formes d’observation de la Tour Orbit, il vous faudra débourser 15 livres (19€), contre 14€ (par l’ascenseur) et 324 m. pour la Tour Eiffel.

Le Maire de Londres, Boris Johnson, voulait en faire le symbole de la rénovation urbaine initiée par ses services dans un quartier considéré comme vieillissant, mais limitée par la faible capacité d’investissement de la capitale anglaise. Ainsi, dans un contexte budgétaire extrêmement serré – de nombreux équipements « temporaires » des JO ont été démontés dès la fin des compétitions – la perspective de construire une énième plate-forme d’observation à Londres fut accueillie fraichement par les contribuables. D’autant qu’ils étaient échaudés par des précédents très coûteux. Qu’à cela ne tienne, répondit le Maire, qui scella avec Lakshmi Mittal, le PDG d’ArcelorMittal, un partenariat public-privé très en vogue dans le milieu sportif. Sur les 19 millions de livres sterling qu’a coûtés la construction de la Tour, 16 millions – correspondant à la facture d’acier – seront offerts par le milliardaire indien. Le nom officiel de l’œuvre est d’ailleurs « ArcelorMittal Orbit ».

Lire l’article 

En complément : un article décryptant la « starification » des architectes et la communication politique autour de la Tour,  la présentation de la Tour sur le site d’ArcelorMittal :   et une visite vidéo

A lire sur MyProjectCafe : « L’expression du jour : « éléphant blanc » et « Le management de projets urbains »

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