Fiche de lecture : les grands projets inutiles

Ouvrage collectif, financé par une souscription, « Le petit livre noir des grands projets inutiles » dresse une image précise des grands projets imposés à la population par certains élus, sans tenir compte de ses éventuelles conséquences environnementales, sociales ou économiques. Stades de football, centrales nucléaires, lignes à grands vitesse, autoroutes, incinérateurs, ce sont plus de 25 grands projets qui sont passés au crible. Fiche de lecture.

Les grands projets inutiles et imposés (GPII) – qu’on appelle parfois des « Eléphants blancs » – sont, selon wikipedia , ces grands travaux  « n’ayant jamais été terminés, n’ayant pas atteint leurs objectifs ou dont l’utilité est contestée ». Si l’Aéroport de Notre-Dame des Landes est le plus médiatisé aujourd’hui en France, des projets moins connus, comme par exemple l’ancêtre du VAL de l’aéroport Charles de Gaulle en France, projet abandonné en 1999 après avoir englouti plus d’un milliard de francs (et dont une partie de l’infrastructure aura finalement été récupérée par le CDGVAL) sont également cités dans cette enquête.

 

Grands projets : le dialogue avant tout

Les Editions « Le Passager clandestin » et l’Association « Agir pour l’environnement » ont lancé avec succès une souscription pour la création  d’un document de référence sur ces grands projets inutiles : 4000 € ont été collectés en moins de 24h00, preuve de l’intérêt du public pour ce type de projets. « Le petit livre noir des grands projets inutiles » a ainsi été publié cet été, sous la signature d’un(e) certain(e) Camille (nom qu’ont choisi les militants de la cause anti-aéroport de Notre-Dame des Landes pour préserver leur anonymat), en réalité un collectif d’auteurs. Principalement liés aux secteurs du nucléaire (Super Phénix, EPR, centre d’enfouissement de Bure et Fessenheim) et des transports (Notre-Dame des Landes, Tunnel Lyon-Turin, autoroutes, lignes LGV, etc.), certains projets sont plus atypiques : cet ouvrage nous offre également des informations sur la construction d’une ferme de mille vaches dans le Nord, d’un stade de football à Lyon, d’un grand centre commercial et de loisirs à Gonesse et d’une méga-scierie dans le Morvan.

Généralement poussés par des élus, ils peuvent également naître de l’initiative d’entreprises privées comme c’est le cas du projet de Gonesse, impulsé par Auchan. Mais bien souvent, ils sont réalisés via des partenariats publics-privés.  A l’heure où la crise économique pousse ces mêmes élus à demander aux citoyens des « efforts », ces grands projets inutiles sont, pour beaucoup, le bonnet rouge qui fait déborder le panier à linge : pas ou peu d’informations, encore moins de consultations, une utilité discutable et des choix par fois incompréhensibles. Si ce type d’inventaire à la Prévert peut être considéré par certains comme un outil de propagande, il aura au moins le mérite de susciter le dialogue. Et c’est une nouveauté, selon le sociologue Jean Viard (cf. article de Rue 89 en complément) : auparavant, ce type de projets ne se discutait jamais, mais aujourd’hui la société est plus « horizontale ». Irréductibles Gaulois !

 

Lire l’article 

 

 

En complément :
un article et une carte sur Rue 89
et un article du Monde .



A lire sur MyProjectCafe :
« L’expression du jour : "éléphant blanc" » et « Les estivales de MyProjectCafe : les grands projets » .

 

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