Mon employé Stupide

A l’heure où nos équipements sont devenus intelligents (smartphone, smart TV, smart Grid, etc.) et où les entreprises s’efforcent d’organiser leur information afin de baser leurs prises de décision sur des données intelligentes, certaines voix s’élèvent pour faire le panégyrique de la stupidité. Celle-ci serait bénéfique dans certaines situations et permettrait même d’augmenter la productivité. Décryptage stup…éfiant.

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« Une chose m'émerveille plus que la stupidité de la plupart des hommes à vivre leurs vies : c'est l'intelligence qu'il y a dans cette stupidité ». Fernando Pessoa, « Fragments d'un voyage immobile »

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« Inertie mentale qui se manifeste à la fois dans les actes et les propos » selon Théophraste (philosophe grec, -371 à -287 av. JC), la stupidité se définit comme la manifestation flagrante d’un manque d’intelligence, d’esprit ou de conscience. La stupidité fonctionnelle est selon Mats Alvesson, Professeur à l’Ecole d’Economie et de Management de l’Université de Lund (Suède) la marque d’un manque de réflexion critique. Celle-ci engendrant un état d’unité et de consensus permettant aux employés d’une entreprise d’éviter de se poser des questions et de remettre en cause toute décision, structure et vision.


Stupidité = hausse de productivité (parfois seulement)
Cette stupidité, pensait-on, ne pouvait s’adapter au monde dynamique de l’entreprise, où la recherche de l’excellence et donc de l’intelligence a été érigée en modèle dominant. Pourtant, le chercheur suédois, considère la stupidité comme une arme à double tranchant : certes, l’absence de questionnement et de réflexion expose l’entreprise à d’importants risques d’immobilisme, mais la stupidité, dans certains cas, permet également d’augmenter la productivité. L’employé ne se pose pas de question et prend en charge ses tâches avec l’enthousiasme naïf du simple d’esprit… (le fameux : « Une certaine dose de stupidité est nécessaire pour faire un bon soldat » de Florence Nightingale).

Le chercheur explique que la stupidité comme mode de management s’applique mieux à certains secteurs comme la mode ou le consulting, qui sont « dominés par la persuasion qui utilise des images et une certaine manipulation symbolique », au contraire du secteur manufacturier qui ne pourrait survivre longtemps avec ce modèle, puisqu’il déboucherait  inévitablement sur des produits défectueux…

Lire l’article (en anglais)

En complément : un article sur la stupidité de certains de nos outils informatiques et une analyse de la stupidité comme vecteur de crise financière

A lire sur MyProjectCafe : « Des dirigeants pas assez agiles ? »  et « Le rapport d’étonnement, cet autre regard sur la gestion de l’entreprise »

Bonus : une chanson stupide

Bonus 2 : Lecture d’un extrait de « Mon Chien Stupide » de John Fante par Olivier Marchal (Le Théâtre de la Grande Librairie, 2012 – Démarre à 1h07 ).


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