Echec des projets informatiques ou échec de la démarche de gestion de projets ?

Avec l’informatisation de l’ensemble des postes de travail, la technologie est au cœur des processus des entreprises. Devenus indispensables pour obtenir un avantage concurrentiel décisif ou pour simplement rester dans la course, et donc dotés de budgets parfois pharaoniques, les projets informatiques incarnent la maturité des méthodes de gestion de projets employées par ces entreprises. Et leurs échecs illustrent de manière parfois caricaturale l’absence de méthodes réellement formalisées.

Selon le Standish Group, en moyenne, 38% des projets informatiques atteignent leurs objectifs initiaux. 33% aboutissent à un échec et 29% sont purement et simplement abandonnés. Les causes de ces échecs sont nombreuses, parmi elles : une mauvaise communication, un manque de soutien de la direction, des objectifs flous, des délais mal évalués, etc. Parallèlement, deux autres études démontrent d’une part que le coût des logiciels déployés mais peu ou pas utilisés peut atteindre 100 000 dollars par an, pour une grande entreprise et d’autre part qu’un quart des applications ne sont jamais utilisées. En triturant quelque peu les statistiques, le tableau est sombre : sur les 38% des projets informatiques réussis, une bonne partie ne sert finalement à rien…

L’article présenté aujourd’hui pointe particulièrement les échecs des projets SOA (« Architecture orientée services » dont la vocation est de décloisonner les services informatiques et d’assurer l’interopérabilité des applications, c’est-à-dire de leur permettre d’échanger leurs données). Même s’il date un peu, il liste les 10 principales causes de ces échecs et les compare à celles évoquées par le Standish Group dans sa propre étude de 1995.

Il est frappant de constater à quel point les échecs des projets informatiques sont emblématiques de l’échec de la démarche de gestion de projets en général de l’entreprise : pas de justification de la valeur métier du projet, sous-estimation de l’impact des changements impliqués par le projet dans l’organisation de l’entreprise, pas de sponsor à la DG, un budget sous-évalué, une absence de compétences spécialisées, pas de gouvernance et des besoins utilisateurs peu pris en compte. On pourrait également ajouter à cette liste : des causes d’échec mal analysées et rarement prises en compte dans les projets suivants. Pourtant comme l’a écrit Truman Capote : « L’échec est l’épice qui donne sa saveur au succès ».

La gestion de projets, qu’ils soient informatiques ou pas, nécessite le recours à une méthode et à des compétences bien précises. Gérer un budget, un planning, des ressources, des exigences et des risques est un métier à part entière. Alors, pour réduire les taux d’échec des projets, que diriez-vous de recruter un professionnel certifié ?

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En complément : une chronique sur les causes des échecs des projets informatiques et les résultats d’une étude sur les taux d’échec des projets français.

A lire sur MyProjectCafe : « Les éléments structurels qui font dérailler un projet » et « L’analyse prédictive au secours de la gestion de projets ».

 

Crédit photo : © Egor Vlasov - Fotolia.com

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