Copernicus : une gestion de projets paneuropéenne

Programme européen de surveillance de la Terre mené conjointement par l’Agence spatiale européenne et l’Union européenne, Copernicus a pour ambition d’offrir à l’Europe des moyens opérationnels et autonomes d’observation de la terre et des milieux marins. Les informations issues de ce programme seront diffusées gratuitement, de quoi dynamiser l’activité non seulement de l’industrie aéronautique, mais de bien d’autres secteurs. Décryptage en orbite à 700 km au-dessus de la planète bleue.

 

Lancé en 1998 par les institutions participant aux activités spatiales européennes, sous l’acronyme GMES (Global Monitoring for Environment and Security = Surveillance mondiale de l’environnement et de la sécurité), le programme a été rebaptisé Copernicus en juillet 2013 (en hommage à Nicolas Copernic et sa théorie de l’héliocentrisme, principe fondateur de la science moderne) et doté d’une nouvelle enveloppe budgétaire de 3 786 M€ (plus de 3 milliards €, financés principalement par l’Agence spatiale européenne et la Commission européenne, ayant déjà été consacrés au programme).  Son objectif est de fournir aux pays de l’Union Européenne des moyens autonomes permettant d’observer la terre sous le prisme de l’environnement : état des océans (notamment surveillance des dégazages sauvages), de l'atmosphère, mesure de la vitesse et de la direction des vents, surveillance des glaces et icebergs, cartographie des forêts, évaluation des dégâts après une catastrophe naturelle, terres cultivées, etc.

 

Un projet suscitant la création de 50 000 emplois en Europe

Dans le cadre de ce programme, 14 satellites seront lancés dans l’espace d’ici à 2020. Le premier – « Sentinel 1A » qui mesure une dizaine de mètres lorsque ses ailes sont déployées – a décollé de Kourou sur une fusée Soyouz le 3 avril dernier, pour se positionner en orbite à 700 km de la terre. Son jumeau « Sentinel 1B » le suivra dans 18 mois. Si les trois premiers satellites se concentreront sur l’observation de la terre, les deux suivants s’attacheront à la surveillance de l’atmosphère - quantité et nature des gaz ou aérosols à effet de serre, épaisseur de la couche d'ozone stratosphérique, mesure des molécules présentes dans l'atmosphère, etc. Par ailleurs, deux autres satellites – « Jason-CS » – dont le lancement est programmé après 2019, prendront le relais de Jason 2 (lancé en 2008) et Jason 3 (lancement prévu en 2015) pour surveiller le niveau des océans à l'aide d’altimètres très précis. En résumé, 6 familles de satellites seront lancées d’ici à 2020 pour assurer la surveillance de la terre, des milieux marins et de l’atmosphère, ainsi que des services d’aide aux interventions d’urgence, de sécurité et d’analyse du changement climatique, mais le programme s’appuiera également sur des données collectées sur terre.

 

Plus de 60 entreprises européennes participent à ce programme, parmi lesquelles figurent des fleurons de l’industrie française tels que le CNES, Airbus Defence and Space, SFR et Thales Alenia Space. Les données de Copernicus seront diffusées sous le modèle de l’open data, c’est-à-dire gratuitement. Selon l’Union Européenne « Copernicus contribuera donc à la stabilité économique et à la croissance en stimulant les applications commerciales (les services en aval) dans de nombreux secteurs différents, grâce à un accès total et ouvert à ses données d’observation et produits d’information ». Plusieurs études ont démontré que Copernicus pourrait créer entre 50 000 et 80 000 emplois en Europe d'ici à 2030, tout en fournissant des bénéfices financiers estimés à 30 milliards d'euros : chaque euro investi générant un retour de 4€, voire même plus.

 

Copernicus est après Galileo (le projet de GPS européen) le plus important programme spatial européen. Si certains pays comme les Etats-Unis, le Japon et l’Inde ont développé des projets similaires à certains aspects de Copernicus, le programme européen est le premier d’une telle ampleur. La contribution de l’Union Européenne au financement des seuls satellites d’observation s’est élevée à 738 M€.

 

Lire l’article (une interview en anglais d’un chef de projets de Sentinel 1, l’un des programmes de Copernicus)

 

En complément :
un article sur la collaboration européenne autour de Copernicus
et le détail de quelques projets du programme

 

A lire sur MyProjectCafe :
« L’ "Ingénieur de l’année" est un Directeur de projets ! »

et « "Human Brain Project" : un projet d’envergure pour comprendre le cerveau humain »

 

Mise à jour : la vidéo du lancement du premier satellite Sentinel sur le site YouTube d'Arianespace

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